BDLS 69 : Le jour où je suis sortie de ma zone de confort

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Zone de confort.
Si cela s’appel ainsi ce n’est pas pour rien.
On s’y sent bien et rassuré. Comme dans un cocon.
Délicatement bercé par une routine bien rodée.

Tu sais ce que tu va faire chaque jour, et l’ancienne agoraphobe en toi aime ça. Pas de surprise ou d’inconnu. Cette sensation de contrôle permanent est particulièrement douce pour toi.
Certains sortent de leur zone de confort régulièrement à tel point qu’ils ont érigés cela en mode de vie. Ils sautent à l’élastique, voyage en sac à dos sans le sous, se lance dans des projets complètement fous. Pas toi.

Et puis un jour, il faut en sortir parce que la vie n’attend pas.
A ton échelle, ça n’est pas très Wahou.
Pour toi, cette fois, c’était assister à un concert.
DANS LA FOSSE.
Mais pas genre Michel Fugain, (même si j’aime bien Michel Fugain).
Non non, cette fois c’est Julien Doré.
Ok, je t’arrête tout de suite, ce n’est pas non plus un concert d’NTM dans le 9-3, mais pour toi, c’est exactement la même.
Voici donc, le déroulé de ta journée spécial “stress et palpitations”

Tu prends le seul et unique bus qui passe ce jour là dans ton village.
La campagne c’est bien, mais pas trop pour les transports en commun…
Lorsque le bus arrive, tu montes et demandes ton ticket avec ta petite monnaie dans la main.
Le chauffeur te demande : “avez-vous la carte 18-25ans ?”
Lol. (Oui je dis Lol dans la vraie vie)
Tu réponds que non, en rougissant un peu et le sourire en coin.
Tu payes et tu t’installes dans les premiers rangs.
Tu calcules rapidement la moyenne d’âge des passagers.
En gros ça donne 19ans. Bon, en vrai, sans toi ça donne 17ans.

Tu gardes en permanence les yeux sur l’horloge… tu risques d’être en retard. Et comme par hasard, le bus s’arrête à chaque arrêt.
Stress : 4 /5
Si tu rates le bus d’après, tu devras rentrer chez toi, ou pire encore, prendre le train…

Au moins, ils sont polis ces jeunes…
Ils disent “merci ! au revoir !” au chauffeur, qui répond “De rien ! Bonne journée !” (C’est pour ça que j’aime la campagne !)

Bref, après un court instant de panique en arrivant à la gare routière pile poile à l’heure, tu aperçois enfin ton bus !

Tu montes à bord, et cherches ta place. Le chauffeur t’a attribué une place à côté d’une autre personne alors qu’il y a que 6 personnes à bord !
“Le gars veut absolument ma mort !”

Tu te mets sur le siège d’en face discrètement #thug
Tu attaches ta ceinture de sécurité #pasthug
Le bus part avec 18 minutes de retard. Ça valait le coup de s’inquiéter tiens…
Une fois sur la route, tu entends sortir des hauts parleurs la voix du chauffeur :
“Ici votre commandant de bord. Je suis la Capitaine Némo !”
Mon chauffeur est un comique. La route va être longue…
“Je rappel qu’il est interdit de manger, boire de l’alcool, ou fumer à bord du bus. Et quand je dis fumer, je parle de tout ce qui peut se fumer : cigarette, marijuana, et même la moquette”
La route va être treeees longue…

1h20 plus tard tu arrives à la gare routière. Et ce que tu vois par la fenêtre te donne des palpitations.
Une dizaine de flics attendent sur le quai. Lorsque le bus se gare, l’un d’eux monte à bord et annonce : “nous allons procéder à des vérifications d’identités, merci de présenter vos papiers à la descente.”

Il n’en faut pas plus pour te donner un coup de chaud.

“En fait, des fois dans ton bus y’a un gars qui est recherché par la police !”

Tu donnes en tremblotant ta CI au policier, et même si tu n’as absolument rien à te reprocher, tu as peur. Comme au supermarché quand le vigil te fixe du regard. Même si tout est en ordre, tu esquives le regard et tu te répètes “j’ai rien fais de mal, j’ai rien fais de mal…”
Il te laisse sortir.
Tu appelles ta sœur pour savoir comment la rejoindre.
Elle t’annonce qu’elle est en retard, et que donc tu va devoir attendre un peu. Et traverser la gare aussi. Et l’attendre en pleine rue avec tes sacs.
On inspire, on expire calmement.
Il y a du monde à la gare. Tu traverses le plus vite possible, tu ne poses tes yeux nul part, tu ne croises le regard de personne. Te voilà dehors.
Il y a un camion de CRS garé à proximité du point de RDV. Tu es partagée entre la sensation d’insécurité que provoque leur présence (s’ils sont la c’est pas pour acheter du terrain) et en même temps, tu restes dans leur champ de vision, comme ça personne ne viendra te chercher des noises.
Tu attends. Tu fumes 2 cigarettes. “Elle le fait exprès d’être en retard”. Juste pour que tu ais bien le temps de sentir monter la panique d’être seule, en ville, dans un endroit fréquenté, avec tes sacs prêt à t’être volé à l’arraché. Le Camion de CRS part. Cette fois c’est sûr tu es plus que vulnérable. Il faut vraiment qu’elle arrive.
Elle est enfin là, et tu peux enfin respirer normalement bien installée dans ton siège.
Sur le trajet, tu apprends que pour se rendre au concert ce soir, on prendra le Métro puis le Tram.
LE MÉTRO.
LE TRAM.
“Ok les gars, laissez moi là, vous me raconterez…”

Le soir, nous voilà partis. On se gare en centre ville, dans un parking souterrain.
Niveau de stress : 2 /5
On se rend à pied jusqu’au métro. Des gars chelous fond le pied de grue devant le distributeur de tickets et te sautes dessus pour te vendre leur faux tickets pourris la.
Niveau de Stress : 6/5
On passe les barrières, on monte dans la rame du métro, qui démarre fort. Tu manques de peu de te vautrer comme une bonne campagnarde qui découvre la ville.
Niveau de honte : 4 /5
Arrive le moment de monter dans le Tram qui est bien sûr complètement bondé.
Niveau de stress : 5 /5

Enfin arrivée devant l’entrée de la salle.
Ici commence la deuxième partie de ton périple. Et le saut ultime vers l’inconnu.
Une fois passé les contrôles de sécurité, tu rentres et, Oh grande surprise, la fosse n’est pas pleine à craquer pour le moment, tu arrives à avoir une place dans la première moitié, c’est cool !
Ta sœur te rassure suffisamment pour que tu arrives à te détendre.
La salle fini de se remplir.
La première partie commence (assuré par Omoh, je conseille vivement)
Puis vient l’attente de celui que nous sommes tous venus voir. Julien Doré arrive enfin.
Son concert est juste génial, un vrai showman ! (je conseil vivement également)
Du moins c’est ce que tout le monde retiendra car toi et ton mètre57 vous n’aurez pas vu grand chose…

En gros voila ce que ça donne :

jd

Bon finalement tu as quand même bien kiffé, tu t’es musclé tes mollets et tes cuisses pour réussir à voir par intermittence. C’est toujours ça de pris !
Puis c’était fini.
Tu as survécu ! Et même bien kiffé !

Il a fallu repartir.
Tram Bondé
Niveau de stress : 8/5
Fatigue : 12/5
Métro vide. Place assise disponible
Niveau de stress : 2 /5
Niveau de fatigue : 3 /5
Retour à la voiture, escorté par des gars un peu trop bizarres à ton goût, et des gens bourrés qui crient dans la rue on ne sait pas pourquoi (sérieux les gens, pourquoi tu cris quand t’es pilot??)
Niveau de stress : 4 /5
Passage au McDo, retour à la maison, émission en replay.
Niveau de stress : 0 /5
Niveau de fatigue : 5/5

Au dodo, la satisfaction du devoir accompli.

On remettra ça. Un jour. Peut être.
[J’ai la Flemme]

Je suis contente de ce que j’ai réalisé. Vraiment ! Certains penseront que c’est tout à fait banal mais je vous assure que pour moi, c’est vraiment énorme !

Et vous, où se termine votre zone de confort ?

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