La conspiration des miroirs

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beautiful young fashion girl

Nous sommes plus que notre image.

Il y a quelques années, j’ai perdu beaucoup de poids. J’ai alors commencé à chasser mon reflet. Je me regardais des dizaines de fois par jour, dans les miroirs, les vitrines, les portes vitrées et toutes les surfaces réfléchissantes devant lesquelles je passais. Au début c’était pour constater le changement. Pendant un temps, pour m’en réjouir. Mais ensuite et pendant plusieurs années, ce fut pour vérifier si j’étais vraiment mince, chercher à me rassurer, décider si j’étais « bien » ou « pas bien ». Je me cherchais dans mon reflet, et je ne parvenais pas à m’y trouver. Un instant je décidais que ma silhouette était parfaite. Cinq minutes plus tard je doutais à nouveau. Le lendemain mon reflet avait pris 15 kg. Je sentais bien que je risquais de me perdre dans des reflets fragmentés, mais que faire ? Et  pourquoi mon — notre — image a-t-elle une telle importance ? pourquoi y attacher notre identité ?

Une première réponse me fut donnée par J.-D. Nasio dans son livre « Mon corps et ses images » : « Lorsque le jeune enfant réalise que l’image qu’il donne à voir aux autres est son image du miroir, et que cette image n’est pas lui, que les autres n’accèdent à lui que par ce qu’il donne à voir […] il privilégie les apparences et néglige ses sensations internes. »

C’est le début de l’équation « moi = mon reflet ». Mais c’est loin d’en être la fin.

Illustration islandaise de 1852 - la méchante reine de Blanche-Neige.
Illustration islandaise de 1852 – la méchante reine de Blanche-Neige.

Car après des années d’exposition aux magazines, à la télévision et aux réseaux sociaux, nous finissons par intégrer l’idée que la valeur d’une femme ne tient qu’à son image (repensez aux J.O. pendant lesquels les commentateurs juraient les performances des athlètes mâles et l’apparence des athlètes féminines) et que cette image doit être jugée à l’aulne de corps maquillés, opérés, retouchés…

Et comme il est impossible d’être à la hauteur de Photoshop, il devient bien tentant de se dévaloriser.

Alors on cherche à se rassurer en traquant son reflet, inconsciente d’une dure réalité: on ne se voit jamais telle que l’on est. Nos sentiments et nos humeurs viennent toujours déformer notre image. Et le reflet qui devait nous rassurer en ce moment de blues prend 10 kg d’un coup et achève de nous démolir le moral…

Au jeu du miroir, nous ne pouvons que perdre, et il est impératif d’arrêter de jouer.

Pour me libérer de ma dépendance au reflet, j’ai établi une stratégie en 4 points – un vrai plan de bataille :

  1. Bouder les magazines, me méfier de la télévision, et filtrer les images que je consomme sur les réseaux sociaux (Instagram et Tumblr, je pense à vous).
  2. Boycotter les miroirs et les vitrines. Une fois assurée que mon mascara n’a pas coulé, que je n’ai pas de salade entre les dents, et que le bas de ma jupe n’est pas coincé dans le haut de mes collants, je fais l’effort conscient de ne plus chercher mon reflet. Une sorte de détox du miroir.
  3. Réapprendre à ressentir mon corps. Le sentir de l’extérieur, en se massant pas exemple, mais surtout de l’intérieur. Reporter toute l’attention de mon reflet à mes sensations est un travail difficile, mais qui paie.
  4. Savoir valoriser mon corps pour ce qu’il accomplit et non pour son image, vivre dans l’agir et non dans le paraître.

Ça semble un peu bizarre, dit comme ça, mais c’est la meilleure méthode que j’ai trouvée. Et ça marche, dès les premiers jours.

Et vous, comment ça se passe avec votre miroir ?

Êtes-vous prête à lui tourner le dos ?

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Bonjour, je m'appelle Cécile et j’aide les femmes à perdre du poids, à gagner de l'énergie et de la confiance en elles. Je leur montre comment transformer l'image qu’elles ont d’elles-mêmes pour devenir plus actives, dynamiques et fortes – à l'intérieur comme à l'extérieur. Je suis diplômée de l'American Council on Exercise, qui est la plus grande association de certification au monde pour les professionnels du sport et de la santé. Quand je ne suis pas en train d'expliquer comment se faire des abdos en acier, ou d'écrire un article sur la nutrition, je gribouille des romans fantastiques, mets des paillettes dans les cheveux de ma fille et fais des papouilles à tous les chiens du quartier.
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